Dans cette chronique, Stéphane Zibi met en lumière une bascule majeure de l’intelligence artificielle : après avoir appris de nos textes et de nos images, elle apprend désormais de nos gestes. Du clic de souris au savoir-faire d’un ouvrier, en passant par les automatismes invisibles du travail de bureau, tout devient une donnée exploitable pour entraîner des machines capables de reproduire ces actions. Derrière la promesse de productivité, il interroge une rupture plus profonde : la transformation du travail humain en matière première de l’IA, et la question vertigineuse qui en découle, en formant ces systèmes, ne sommes-nous pas déjà en train d’organiser notre propre remplacement ?